Durant cette période de confinement, il n’est pas possible de rencontrer un prêtre pour recevoir le Sacrement du Pardon… et pour cause : vous êtes confiné chez vous, et le prêtre aussi. Or, cela peut être douloureux de ne pas recevoir ce sacrement, tout particulièrement à l’approche de Pâques, car nous avons tant besoin d’entendre Dieu nous pardonner ; car nous avons tant besoin d’être réconciliés avec l’Eglise, avec nous-mêmes ; car nous avons tant besoin d’être conseillés et encouragés, d’être guidés pour discerner l’authenticité, la justesse de nos pensées et de nos actes.

 

 

Aussi, quand il n’est pas possible de célébrer ce sacrement, il est bon de revenir à ce que nous enseigne notre Mère l’Eglise, soucieuse d’ouvrir les trésors de la Miséricorde divine à tous les fidèles, quelles que soient les circonstances.

 

La façon ordinaire de recevoir le pardon de nos fautes demeure la « confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution » (CEC n°1484) « La confession personnelle est la forme la plus significative de la réconciliation avec Dieu et avec l’Eglise », car elle est cette rencontre voulue par le Christ lui-même qui veut dire personnellement au pécheur « Mon enfant, tes péchés sont remis » (Mc 2,5).

 

Cependant, dans le cas d’une impossibilité physique (parce qu’on est confiné par exemple !) ou morale de se confesser, Dieu peut aussi donner la grâce du pardon au pécheur, parce qu’il n’est pas prisonnier des sacrements et qu’il peut donner sa grâce comme il veut, à condition que nous nous ouvrions à sa miséricorde avec un cœur plein de repentir, dans un esprit de conversion et de pénitence. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous donne plusieurs moyens de raviver en nous l’esprit de conversion et de pénitence, et d’obtenir ainsi le pardon de nos péchés :

 

CEC n°1434 : La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Ecriture et les Pères insistent surtout sur trois formes: le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12,8 Mt 6,1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés,

  • les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain,
  • les larmes de pénitence,
  • le souci du salut du prochain,
  • l’intercession des saints,
  • la pratique de la charité

CEC n°1437 : La lecture de l’Ecriture Sainte, la prière de la Liturgie des Heures et du Notre Père, tout acte sincère de culte ou de piété ravive en nous l’esprit de conversion et de pénitence et contribue au pardon de nos péchés.

CEC n°1451-1452 : Quand elle provient de l’amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition, véritable « douleur de l’âme et détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir », est appelée « parfaite ». Une telle contrition remet les fautes vénielles; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle.

 

 

Comment se confesser sans prêtre ? La « confession de désir » !

 

En ce temps d’épidémie et de confinement, le pape François s’est adressé le 20 mars 2020, lors de la messe à la maison Ste Marthe, à tous les malades du Coronavirus et à tous les confinés qui ne peuvent pas vivre le sacrement du Pardon en cette période de Carême, pour les inviter à faire une « confession de désir ».

 

« Je sais qu’à l’occasion de Pâques, beaucoup d’entre vous allez vous confesser pour retrouver Dieu. Mais nombreux me diront aujourd’hui : “Mais, père, où puis-je trouver un prêtre, un confesseur, puisque je ne peux pas sortir de chez moi ? Et je veux faire la paix avec le Seigneur, je veux qu’il m’embrasse, que mon papa m’embrasse… Comment faire sans prêtre ? ” »

 

« Fais ce que dit le Catéchisme. C’est très clair : si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : “Seigneur, j’ai manigancé ceci, cela, cela… pardon”, et demande-lui pardon de tout ton cœur, avec l’Acte de contrition* et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu. »

 

« Tu peux t’approcher toi-même du pardon de Dieu, comme l’enseigne le Catéchisme, sans avoir de prêtre sous la main… Trouve le moment juste, le bon moment. Un Acte de contrition bien fait, et ainsi notre âme deviendra blanche comme la neige ».

 

* Mgr Scherrer invite à prier aussi le « Je confesse à Dieu » (note du 24 mars 2020)